Aujourd'hui nous nous nourrissons essentiellement d'aliments issus de nos recherches. Nous devons toutefois acheter quelques produits de base que nous ne trouvons pas. Notre budget pour les courses et pour deux personnes est de moins de 100 euros par mois.
Le freeganisme se dirait, en français, gratuivorisme. On est d'accord, c'est moche, n'en déplaise aux anti-anglicismes. Pour moi être freegan c'est aussi être un peu plus libre.
A mon humble avis, plusieurs pratiques sont de l'ordre du freeganisme.
- la cueillette : ramasser dans la nature des denrées comme les châtaignes, les champignons, des mûres ou encore différentes herbes pour un bon mesclun.
- le glanage : aller ramasser ce qu'il reste dans les champs après la récolte.
- la fin de marché : en demandant directement aux commerçants si vous avez de la chance, sinon avant le nettoyage de la place, une fois qu'ils sont partis.
- faire les poubelles (dumpster diving) ce dont nous reparlerons plus tard. Cela peut-être aussi dans un but non alimentaire : récupération de tissus, de cartons, de cagettes, de palettes ou encore de vieux meubles (pour les artistes dans l'âme).
Pourquoi ?
On retrouvera en général deux raisons au freeganisme : la nécessité et l'antigaspillage. Il y a donc ceux qui n'ont pas les moyens de se procurer assez de nourriture pour subvenir à leurs besoins. Et ceux qui ont, plus ou moins, les moyens de s'acheter les denrées nécessaires à la vie mais qui, par ce geste, évite que des tonnes d'aliments encore consommables partent à la poubelle (enfin bien souvent, on les fait plutôt en sortir).
Voici un documentaire d’Arte intitulé Le scandale du gaspillage.
Puis la « fouille » apporte d'autres avantages. En effet, je mange beaucoup plus de légume frais, plus diversifiés, que je n'aurais jamais eu les moyens d'acheter ou encore inconnus au bataillon, et bio ! Oui, car en ce moment c'est dans leurs poubelles que je trouve le plus de chose. Je découvre aussi parfois, dans d'autres magasins, ce qu'est un plat préparé ! La contrepartie, qui est d'ailleurs la raison pour laquelle nous n'achetons pas d'aliments transformés, c'est leurs ingrédients.
Comment faire les poubelles ?
Faire les poubelles nécessite tout d'abord un repérage des spots, c'est-à-dire repérer les magasins qui ont des poubs accessibles (et si possible, pleines), repérer les jours et horaires de leur sortie (le soir après la fermeture ou le matin tôt avant le passage du camion-benne) …
Préférez attendre la fermeture, même si le gérant n'est pas contre l'idée, il préférera que la clientèle ne voit pas cela (ça fait « pauvreté », et paraît que les gens, bah ils n'aiment pas voir ça).
Une fois chose faite, il faut plonger ! Armez-vous donc de vêtements crados, d'une lampe et d'un (ou plusieurs si vous avez de la chance) sac pour votre butin.
Surtout nettoyez la place avant de repartir, ne laissez pas tout un tas de sacs poubelles éventrés et une mer de détritus sur le parking. Ce serait vu d'un très mauvais œil, les pauvres poubelles se retrouveraient, un jour ou l'autre enfermées, et donc un spot de moins.
Et la santé ?
Pour ma part, et contrairement à ce que l'on dit, je n'ai jamais eu le droit aux poubelles contaminées à la javel ou au jus de poisson. Au pire, ça se sent, il n'y a plus qu'à faire demi-tour.
Ca se sent ! Oui, votre odorat, et votre goût, sont vos meilleurs amis contrôle fraicheur car on ne se fiera pas à la date de péremption. Evitez toutefois le poisson et la viande à moins d'être vraiment sur de soi. Pour ce qui est des produits laitiers, ils caillent, ils tournent, ils deviennent infâmes gustativement bien avant d'être mauvais pour la santé. Si un œuf coule, il est bon, s'il flotte, non (posez-le, faite le tourner sur lui-même, stoppez-le d'un doigt, s'il reprend sa course, il est cru, sinon, cuit).
Et, en fait, cela ne sert à rien de laver vos légumes à grande eau ou encore de les nettoyer à je ne sais quel produit, le seul moyen de tuer les être microscopiques qui vous feraient peur est la cuisson au-dessus de 60°C. Préférez donc cette méthode si vous n'avez pas confiance.
Et la loi ?
Une poubelle sur un trottoir est considérée comme abandonnée par son propriétaire (le contenu, mais pas le contenant, n'abîmez pas ce dernier), aussi la fouille est autorisée. Ici aussi, faite place nette, il ne s’agirait pas de prendre une prune pour déchet sur la voie publique.
Attention, certains arrêtés municipaux interdisent la fouille des poubelles (mais aucune loi).
Bien sur, il y aura effraction si vous devez, par exemple, escalader un grillage ou si vous cassez un cadenas.
Pour ce qui est des poubs sur parking ouvert, je ne saurais vous dire ! Est-ce privé ou public ? Mais si vous n'avez rien cassé et ne portez pas une cagoule sur la tête vous serez plutôt sommé de dégager mais pas jeté en prison.
Bonne fouille !